Vos travaux sont terminés. Vous rangez les outils, vous nettoyez le chantier – et là, quelqu’un vous demande si vous avez pensé à l’attestation de fin de travaux. Vous vous demandez de quel document il s’agit exactement. La réponse dépend d’un seul critère : vos travaux ont-ils nécessité une autorisation d’urbanisme ? Selon la réponse, le document à remplir n’est pas le même.
DAACT ou attestation sur l’honneur : deux situations, deux documents
La plupart des articles sur le sujet partent du principe que tout le monde connaît déjà la différence. Ce n’est pas le cas. Commençons donc par le début.
Si vos travaux ont été réalisés après obtention d’une déclaration préalable, d’un permis de construire ou d’un permis d’aménager, vous êtes dans le premier cas. Ce type de travaux implique une déclaration officielle à la fin du chantier : la DAACT.
Si vos travaux étaient de petite ampleur – repeindre une façade, rénover une salle de bain, poser un parquet – et qu’ils n’ont nécessité aucune autorisation administrative, vous êtes dans le second cas. Une simple attestation sur l’honneur peut suffire, notamment pour informer votre assureur habitation.
La DAACT : le formulaire obligatoire après un permis de construire
La DAACT signifie Déclaration Attestant l’Achèvement et la Conformité des Travaux. C’est le document officiel à déposer dès que vos travaux soumis à autorisation d’urbanisme sont achevés.
La DAACT est obligatoire pour tout projet ayant obtenu une autorisation d’urbanisme, même pour un abri de jardin ou une extension modeste. Ce n’est pas une formalité facultative.
Il peut être rempli par le propriétaire lui-même ou par l’architecte, lorsque ce dernier a dirigé les travaux. Si vous avez fait appel à un architecte pour votre projet, vérifiez avec lui qui se charge du dépôt.

Remplir et déposer la DAACT : les étapes concrètes
Le formulaire demande des informations précises sur votre projet. Avant de vous lancer, rassemblez les éléments suivants :
- Le numéro de votre autorisation d’urbanisme (déclaration préalable ou permis de construire), indiqué sur le document que vous avez reçu de la mairie.
- La date d’achèvement réelle des travaux, c’est-à-dire le jour où le chantier est effectivement terminé.
- L’adresse précise du bien et la description du projet réalisé (surface créée, nature des travaux).
- Les attestations complémentaires éventuelles, qui certifient le respect de certaines règles de construction selon la nature du projet (thermique, accessibilité, parasismique).
Une fois le formulaire complété, vous le déposez en mairie. Trois modes sont possibles : en main propre, par courrier recommandé avec accusé de réception, ou en ligne via le guichet numérique de votre commune si elle le propose.
Dès réception de la DAACT, la mairie dispose d’un délai pour vérifier la conformité des travaux. Passé ce délai sans contestation, les travaux sont réputés conformes.
Travaux sans permis : l’attestation sur l’honneur pour particulier
Vous avez refait votre cuisine, isolé vos combles ou posé une terrasse qui ne dépasse pas les seuils réglementaires. Aucun permis n’était nécessaire. Dans ce cas, aucune DAACT n’est à déposer en mairie.
Mais votre assureur habitation, votre syndic de copropriété ou votre notaire peut vous demander un document attestant que ces travaux sont terminés. C’est là qu’intervient l’attestation sur l’honneur de fin de travaux.
Ce document n’a pas de formulaire officiel imposé. Il mentionne généralement votre identité, l’adresse du bien, la description des travaux réalisés et leur date d’achèvement. Vous le signez vous-même en tant que propriétaire. Certains sites proposent des modèles téléchargeables en PDF ou Word pour vous faciliter la rédaction.
La déclaration cadastrale : une démarche souvent oubliée
Que vos travaux aient nécessité un permis ou non, une autre obligation peut s’appliquer : la déclaration cadastrale. Si vos travaux ont modifié la valeur ou la surface de votre bien, vous devez le signaler à l’administration fiscale.
En pratique, cela concerne les constructions nouvelles, les extensions, les transformations qui changent la consistance ou l’affectation du bâtiment. Cette déclaration est distincte de la DAACT : elle ne s’adresse pas à la mairie mais à l’administration des impôts, et sert à mettre à jour le revenu cadastral.
Cette étape est fréquemment négligée, alors qu’elle conditionne le calcul de votre taxe foncière pour les années à venir. En Belgique, la démarche peut s’effectuer via MyMinfin pour les modifications affectant un bien immobilier.
Récapitulatif : quel document selon votre situation ?
Vous hésitez encore sur le document à remplir ? Voici comment trancher rapidement selon votre cas.
- Travaux avec permis de construire, déclaration préalable ou permis d’aménager : DAACT obligatoire, à déposer en mairie dès la fin du chantier.
- Travaux sans autorisation d’urbanisme (petites rénovations, bricolage) : pas de DAACT, mais une attestation sur l’honneur peut être utile pour votre assurance ou votre notaire.
- Travaux modifiant la surface ou la valeur du bien : déclaration cadastrale à effectuer auprès des impôts, indépendamment de la DAACT.
Le point le plus souvent mal compris est que ces trois démarches sont indépendantes. Remplir la DAACT ne dispense pas de la déclaration cadastrale, et inversement. Chaque document répond à une obligation différente, adressée à une administration différente.
Si vous avez le moindre doute sur la nature de vos travaux ou sur le document applicable, le service urbanisme de votre mairie reste le bon interlocuteur pour la DAACT. Pour la mise à jour du cadastre, renseignez-vous directement auprès du centre des impôts fonciers compétent pour votre commune.

